23.02.2012
Réussir un article :

Selon les professionnels, il existe quelques règles à respecter, En voici dix :
- Prendre en compte la façon dont les lecteurs lisent le journal. Car le journal est vu avant d’être lu et le lecteur est un libre zappeur
- Choisir des sujets " proches " des lecteurs. Cette proximité peut être géographique, chronologique, thématique et/ou affective.
- Trouver le genre journalistique et le ton qui conviennent au sujet : compte rendu, reportage, interview, commentaire, information service, critique avec un ton clinique, distant, sensible, grave, léger, humoristique, pédagogique, solennel ou complice
- Soigner la mise en page. Dans une mise en page claire et aérée : un bon titre (informatif et, si possible, incitatif), une bonne photo avec sa légende, des paragraphes et des intertitres, des citations repérables.
- Répondre aux cinq questions de référence : Who, when, what, why, where, c’est " la règle des 5w ". Il faut la respecter pour que l’information soit complète. Qui, quand, comment, où, quoi, pourquoi... c’est bien aussi. Et cela donne une série mémorisable : Q.Q.C.O.Q.P.
- Rendre l’article intéressant, informatif et incitatif, dés le début. La première phrase doit donner envie de continuer et l’information doit se trouver au début de l’article. Utiliser les expressions, les images, les anecdotes les plus " parlantes "...
- Donner de la vie et du rythme aux phrases. A tout moment le lecteur peut quitter l’article : éviter les longues phrases, soigner la ponctuation, choisir des mots simples, riches, concrets et les préférer courts.
- Privilégier les verbes actifs et le temps présent. Préférer la forme active à la forme passive, le présent ou le passé composé à l’imparfait ou au passé simple. " Il est 8h, dimanche, place de la mairie, l’homme est ivre. Il s’avance vers…etc. "
- Relire attentivement, partir à la chasse aux mots inutiles... et aux fautes d’orthographe ! Éviter les adverbes ou adjectifs inutiles. Faire relire par un ami exigeant.
- Intégrer ces règles au point de les oublier. Pour laisser libre court à son "style", à la personnalité de son écriture. Une expression authentique peut atteindre l’universel…
10:23 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
21.02.2012
Le journalisme citoyen
Le journalisme citoyen aussi connu comme le journalisme participatif est une nouvelle forme de journalisme dans lequel le lecteur devient un participant dans la fourniture des informations, des photos et des enregistrements vidéo aux éditeurs des journaux ou de les faire circuler à travers son propre blog ou journal en ligne ou via les réseaux sociaux.
Le concept de journalisme public est apparu à la fin des années 1980 aux Etats-Unis. Cette nouvelle approche du métier vise à accroitre l’utilité sociale des professionnels de l’information au sein de leur environnement immédiat afin de garantir un meilleur fonctionnement de la vie démocratique. Présenté comme une alternative à la conception traditionnelle du métier, ce mode d’information se généralise dans les rédactions américaines.
En Tunisie :Le journalisme citoyen a joué un rôle important dans la diffusion des nouvelles au cours de la révolution en Tunisie dans les jours où le régime a occulté la télévision et empêché le pays de la presse étrangère. Pour communiquer, les dissidents du régime étaient en mesure de communiquer à travers Twitter et site de réseautage social Facebook pour diffuser de nouvelles photos et vidéo de la répression sanglante.
Après « la révolution » et la fuite de Ben Ali l’espace cybernétique tunisien est submergé par les projets et les formations de journaliste citoyen notamment à l'intérieur du pays.
On peut citer « Tunisie Bondy Blog » qui a pour objectif de permettre aux jeunes issus des milieux populaires de pouvoir s'exprimer, ou encore de « Speak Out Tunisia » qui a été créée, en grande partie, par Pacte Tunisien (Pacte des Compétences Tunisiennes Engagées)…
Il y a aussi Nawaat (Lauréat du Prix Reporters sans frontières du Net-citoyen) le blog collectif tunisien qui en partenariat avec Canal France International et le Ministère tunisien de la Jeunesse et des Sports a donné également naissance aux clubs de journalisme citoyen, et qui a joué rappelons-le un rôle important dans la révolution du jasmin en couvrant les évènements qui ont eu lieu en Tunisie mais aussi en donnant la parole aux militants et aux intellectuels muselés par le régime de Ben Ali.
Le journalisme Citoyen gagne du terrain en Tunisie et dans le monde, certains journalistes professionnels commencent à se plaindre de l'irruption de ce journalisme craignant une dévalorisation de leur rôle, d’autres essayent de se fondre dans cette nouvelle forme de journalisme dans un cadre professionnel, prolongeant ainsi son activité professionnelle…
Quoi qu'il arrive, les journalistes citoyens qui sont principalement des internautes ne veulent pas remplacer les journalistes! Ils veulent juste participer au débat, de s'exprimer et de rendre leurs informations. Le journaliste professionnel est obligé finalement de réinventer ce métier.
18:11 Publié dans Articles | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ten-2002 de Abbas KIAROSTAMI
La mise en scène mise à nu par son prétendant même

A propos des peintres chinois, Bacon rapporte qu’ils se mettent pendant des jours et des jours devant leur chevalet, qu’ils ne commencent à peindre que lorsque ils arrivent à vider la toile. Le dépouillement est préalable au surgissement de l’image ; la fixité est préalable au geste. Dans le dispositif cinématographique, l’existence précède toujours l’essence. Le rôle du cinéaste est de pervertir. Beckett s’était mit à l’écriture en français « pour appauvrir sa langue »…
Quand on demande à Kiarostami pourquoi il porte toujours des lunettes de soleil, il répond : « Pour qu’on me reconnaisse. » Le dispositif mit en place dans « Ten » obéit à cette même logique : dans son extrême minimalisme, il est édifiant… et il gagne à l’être. La mise en scène ne tend pas à disparaître, mais elle tend à apparaître dans sa nudité même. Mouvement épousant ainsi le contenu même du film : enlever l’existence de sur l’essence, en un mot : dévoiler. Ainsi, la conductrice, tantôt mère, tantôt sœur, tantôt amie, tantôt inconnue… tant physiquement que mentalement, se dévoile progressivement sous nos yeux au fil des séquences : on ne l’a voit pas puis on la voit avec des lunettes de soleil, puis on l’a voit sans lunettes mais de nuit, puis de jour, sans lunettes avec un foulard différent découvrant son cou puis avec un foulard négligemment mit de sorte qu’une mèche de cheveux s’échappe effrontément, etc.
« Ten » indique le nombre de séquences dont est composé le film. Découpage clairement signifié par un décompte décroissant qui apparaît à l’écran avant chaque séquence. « Ten » est composé de deux axes : deux caméras sont fixées sur le tableau de bord d’une voiture, l’une cadrant Mania la conductrice en plan poitrine ¾ profil droit et l’autre les différents passagers qui se succèdent à l’intérieur de sa voiture en plan poitrine ¾ profil gauche. Les passagers de Mania sont : son fils Amin (4 séquences, enfant, unique personnage masculin, celui sur qui s’ouvre et se ferme le film), sa sœur (1 séquence), une vieille dame (1 séquence), une prostituée dont on ne verra pas le visage (1 séquence,), une amie (1 séquence) et une jeune femme (2 séquences).
Concrètement, le cinéaste est au centre du dispositif puisque pendant le tournage Kiarostami est placé au milieu du siège arrière de la voiture avec ses comédiens, dans le hors-champ entre les deux cadres des deux caméras. Plus précisément, il est à l’interstice de l’image, il est dans l’entre-images. Quand Mania Akbari, qui joue le rôle de Mania, en conduisant, regarde dans le rétroviseur, c’est Kiarostami qu’elle voit.
Pendant la première séquence, Mania, laissée hors-champ, n’est définie que par sa voix, elle n’est « figurée » que par ses paroles. Kiarostami arrive à travers cette confrontation verbale oppressante entre la mère et le fils, à camper un personnage, à suggérer de façon subtile son caractère, sans qu’il n’apparaisse à l’écran, seulement à travers son discours.
Dés cette première séquence, le ton est donné quant à la nature profonde de la relation Mania / Amin mais surtout, plus largement, sur la place du langage dans le film : Amin dit à sa mère : « Tes paroles me rendent fou. » Puis il lui ordonne de se taire. Dans une autre séquence, une prostituée formulera le même ordre vis-à-vis de Mania2. D’autre part, le discours de la sœur blesse visiblement Mania, non parce qu’il est méchant mais au contraire par sa lucidité. La grande sœur à travers sa parole met Mania face à ces contradictions : elle demande à son fils de « voir les choses en face » alors qu’elle-même est incapable de le faire par rapport à lui justement. La dureté de la situation oppresse Mania : elle s’énerve, insulte, vocifère…
Le dispositif et les dialogues démontrent clairement une chose : d’une certaine manière, les personnages sont tous prisonniers, de leur systèmes de valeur notamment (la séquence avec la prostituée est exemplaire à cet égard : Mania qui répète « c’est intéressant » à chaque réponse de la prostituée et la prostituée qui s’esclaffe de rire à chaque question posée par Mania).
Les personnages sont prisonniers autant que les corps respectifs des comédiens qui les incarnent sont prisonniers dans le cadre que le cinéaste a disposé pour eux. Les corps sont fragmentés, comme si chacun occupait une morceau éclaté d’un miroir brisé, ils ne se rencontrent jamais (dans la première séquence on ne verra la mère que lorsque l’enfant quittera brusquement le véhicule en l’insultant, la rupture est consommée et elle sera définitive), ou plutôt, ils se rencontrent si peu : à la toute fin du film et pendant une fraction de seconde, Mania prend la température d’Amin, très furtivement comme s’il n’était pas permit qu’elle le touche plus longuement. Ensuite, au cours de l’avant dernière séquence, quand la parole est abolie, quand la jeune femme ne peut plus parler à cause de l’émotion qui l’assaille, Mania brise la segmentation de l’espace et sa main essuie les larmes de sur les joues de sa passagère.
Mais est-ce suffisant pour recoller les différents morceaux de ces corps en éclats ? Le silence est-il l’isthme de ces « paroles en archipel » ?
"Ismael_Ismael"
11:53 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



